Il y a une scène que nous aimons imaginer. Il est tard. La ville a gardé le bruit de la journée, les épaules aussi. On remonte une rue familière, le téléphone au fond de la poche. Derrière une fenêtre, une petite lumière est encore allumée. On la reconnaît avant même de distinguer les meubles.
En poussant la porte, rien de spectaculaire. Un livre ouvert sur l’accoudoir. Un verre posé près d’une assiette. Un manteau qui attend d’être rangé. Au bout du canapé, une lampe dessine un cercle doux. Elle éclaire juste assez pour trouver sa place. On dépose ses clés. On retire ses chaussures. Pour la première fois depuis des heures, on n’a plus besoin de se dépêcher.
Puis une voix arrive de la pièce d’à côté : « Je t’ai laissé une lumière. » Quelques mots ordinaires. Et pourtant, ils disent tout : quelqu’un a pensé à votre retour. Il y a une place pour vous, ici.